Les médecins du Gercor adhèrent aux Bonnes
Pratiques Cliniques et respectent rigoureusement les principes édictés
par la réglementation applicable à la recherche biomédicale.
Un peu d'histoire
C'est en 1947 avec le Code de Nuremberg qu'apparurent
les premières recommandations d'ordre éthique mettant
l'accent sur une disposition essentielle : le consentement éclairé
du patient.
Plus tard, furent rédigées des recommandations
concernant la protection des personnes participant à la recherche
biomédicale.
Ainsi, l'Association Médicale Mondiale a adopté
en 1964 la Déclaration d'Helsinki en vue de constituer un guide
destiné à tout médecin procédant à
une telle recherche. Cette Déclaration, dans son introduction,
"constitue une déclaration de principes éthiques
dont l'objectif est de fournir des recommandations aux médecins
et autres participants à la recherche médicale sur des
êtres humains. Celle-ci comprend également les études
réalisées sur des données à caractère
personnel ou des échantillons biologiques non anonymes".
L'ensemble de ces recommandations est opposable au
plan universel même si les règles de soumission d'un essai
thérapeutique à un comité d'éthique ou de
protection des patients varient d'un pays à l'autre.
En France, à partir de 1981, le rapport Dangoumau
sur l'expérimentation des médicaments stipulait la nécessité
de recueillir systématiquement le consentement libre et éclairé
des personnes sur lesquelles on expérimente. Ce rapport a servi
de fondement pour la préparation de la loi Huriet du 20 décembre
1988 relative à la protection des personnes qui se prêtent
à la recherche biomédicale. Cette loi définit la
recherche biomédicale "comme des essais ou expérimentations
organisés ou pratiqués sur l'être humain en vue
du développement des connaissances biologiques ou médicales"
; elle doit être effectuée sous surveillance médicale.
En 1987, suite à l'avis publié par la
Direction de la Pharmacie et du Médicament (Ministère
de la Santé), les recommandations relatives aux Bonnes Pratiques
Cliniques avaient été mises en place.
Aujourd'hui, les textes en vigueur au plan international
sont ceux instaurés par l'ICH (International Conference on Harmonisation
of Technical Requirements for Registration of Pharmaceuticals for Human
Use) dont font partie les Etats-Unis, l'Europe de l'Ouest et le Japon.
La protection des personnes
se prêtant à la recherche biomédicale
Depuis la Directive européenne 2001/20/CE et
la dernière modification de la loi Huriet-Sérusclat adoptée
le 9 août 2004 relative à la politique de santé
publique, le cadre juridique strict qui régit la recherche biomédicale
prévoit que les recherches biomédicales ne peuvent être
effectuées que si elles sont réalisées :
- sous la direction et sous la surveillance d'un médecin justifiant
d'une expérience appropriée,
- et dans des conditions matérielles et techniques adaptées
à l'essai et compatibles avec les impératifs de rigueur
scientifique et de sécurité des personnes qui se prêtent
à ces recherches.
Avant le début de toute recherche biomédicale,
le consentement écrit du patient doit être recueilli par
le médecin investigateur afin de protéger les sujets qui
s'y prêtent.
L'investigateur doit préalablement informer
le patient, de manière claire, intelligible et loyale sur :
- l'objectif, la méthode et la durée de la recherche,
- le rapport risque/bénéfice,
- ses droits : le sujet peut refuser de participer,
- l'avis favorable délivré par le Comité de Protection
des Personnes (CPP) et l'autorisation de l'autorité compétente
(Agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé ou le ministre chargé de la santé, selon
les cas).
Enfin, le patient est en droit d'être informé
sur les éventuelles alternatives médicales, les modalités
de prise en charge en fin de recherche ainsi que des résultats
globaux de la recherche.
La sécurité
des patients
Les risques encourus par le patient doivent être
limités au maximum. Ces risques ne doivent en aucun cas être
disproportionnés par rapport aux bénéfices attendus
par cette personne et à l'importance de l'objectif de la recherche.
Ainsi, aucune recherche biomédicale ne peut
être effectuée sur l'être humain :
- si elle ne se fonde pas sur le dernier état des connaissances
scientifiques et sur une expérimentation préclinique
suffisante,
- si le risque prévisible encouru par les personnes qui se
prêtent à la recherche est hors de proportion avec le
bénéfice escompté pour ces personnes ou l'intérêt
de cette recherche,
- si elle ne vise pas à étendre la connaissance scientifique
de l'être humain et les moyens susceptibles d'améliorer
sa condition,
- si la recherche biomédicale n'a pas été conçue
de telle façon que soient réduits au minimum la douleur,
les désagréments, la peur ou les contraintes pour les
personnes qui s'y prêtent, ces conditions devant être
constamment maintenues.
Les conditions de la recherche
: les formalités administratives
Le promoteur d'un essai thérapeutique c'est-à-dire
celui qui initie, vérifie le financement et assure la gestion
de l'essai, est obligé de souscrire une assurance garantissant
sa responsabilité civile et celle de tout intervenant.
Pour respecter le secret professionnel, les données
de chaque patient collectées dans un document nominatif appelé
" cahier d'observation " sont traitées anonymement
et les patients sont protégés par la loi informatique
et liberté de la CNIL.
Tout médecin investigateur désireux de
mener une recherche biomédicale sur l'être humain est obligé
de soumettre son projet à l'avis d'un CCP de la région
où il exerce son activité.
Le Comité de Protection des Personnes ou CCP
rend son avis sur :
- la nécessité d'un délai de réflexion,
- la pertinence de la recherche, l'évaluation du rapport bénéfice/risque
et le bien-fondé des conclusions,
- l'adéquation entre les objectifs poursuivis et les moyens
mis en uvre,
- la qualification des investigateurs,
- les modalités de recrutement des participants,
- le montant et les modalités de rétribution des investigateurs
pour le travail supplémentaire fourni.
La transparence de la recherche
L'Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) ou Autorité
Compétente
gère une base de données nationale des recherches biomédicales.
Cette base sert à alimenter la base mondiale pour les recherches
sur les médicaments.
Elle sera accessible au grand public et comprendra l'intégralité
des avis rendus par les CCP.
Les représentants des associations de malades ou d'usagers du
système de santé pourront obtenir la communication des
éléments pertinents du protocole figurant sur la base
de données nationale, cette dernière contenant les répertoires
de recherches biomédicales autorisées.
Les dons et subventions perçus par le Gercor ainsi
que les moyens financiers obtenus par partenariat sont destinés
exclusivement au financement de la recherche clinique :